dans un message publié sur son blog (http://lioneljospin.parti-socialiste.fr/), l'ancien Premier ministre, presque-à-nouveau-mais-finalement-pas candidat à la présidentielle 2007 (mais rien n'est encore fini... IL peut se passer beaucoup de choses en 5 mois !) s'est exprimé sur Ségolène Royal.
"La réponse [allait] de soi". Il est militant d'un parti et suit le vote des militants. C'est a priori normal. Logique. C'est d'ailleurs l'argument qu'il reprend pour se justifier.
Mais c'est dans son "bonne chance" que j'y vois le poids du message. Sur un blog, du bout des lèvres, finalement. Il ne dit pas "en avant", il dit "bonne chance". Il ne le dit pas au 20 heures de TF1, il n'est pas importuné par un journaliste qui lui demanderait jusqu'où il la soutient. Va-t-il faire campagne pour elle ? Allez savoir. Ce qu'il dit surtout, c'est que c'est contre la Droite qu'il est prêt à s'exprimer durant la campagne. Ce n'est donc pas une adhésion, c'est un combat contre la Droite.
Je suis déçu par ce message. j'aurais préféré un silence. J'ai attendu Lionel Jospin aux côtés de Michel Rocard pour nous dire que la communication n'est pas l'action. Rocard s'est longuement exprimé dans les jours qui ont précédé le vote socialiste, sur divers plateaux, expliquant que Royal n'était pas prête pour gouverner. J'attendais Jospin sur ce terrain-là. Je l'attendais aussi dans le soutien de DSK. Est-ce l'amour propre qui l'a conduit à se taire, et à ne pas soutenir son ancien ami ?
En retard, comme la cavalerie. Car, s'il s'inscrit dans la campagne socialiste, et celle de Royal, Jospin n'est pas un fervent royaliste. Le message de ce soir en est, pour moi, une preuve. Et c'est pour ça que je suis d'autant plus déçu.
"Lionel" me donne finalement l'impression de l'abandon de ses troupes et de ses idées. Je l'ai suivi entre 1997 et 2002, je l'ai aimé prendre le micro à l'Assemblée pour répondre aux députés de l'opposition. J'ai voté pour lui en 2002.
Et, au soir du 21 avril, je n'ai pu que reconnaître le courage "anglo-saxon" (il ne l'est pas, mais ce n'est pas en France qu'on a la tradition de démissionner) d'un homme qui démissionnait, avant de me dire que, finalement, j'avais envie de son retour. Pas forcément pour le suivre, mais parce que ma sensibilité de centre-gauche m'a toujours fait regarder vers le parti socialiste. Et aussi parce qu'il a la stature d'un président, j'en suis convaincu.
Quant au vote du PS, les militants ont choisi celle qui avait le moins la stature d'un chef de l'Etat (et il n'est pas question de genre, masculin ou féminin, mais j'en parlerai un autre jour). Avec un peu de chance, ou de réalité, Mme Royal va quand même finir par ajuster son poids dans les sondages, c'est-à-dire descendre. Je ne suis pas "le Penseur" mais je marche dans la rue, je prends les transports et je tends l'oreille, je parle avec des amis, de tous horizons, de toutes "classes" sociales, et je n'entends vraiment que très peu de commentaires favorables à sa personne.
En tout cas, le scenario "Verts-2002", c'est-à-dire une chute dans les sondages, une pression pour le retrait, et le retour de Jospin me paraît possible. Envisageable ? C'est déjà un pas en avant. Restons-en à "possible".
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