samedi 2 décembre 2006

Sarkozy candidat : la qualité des journalistes version 1

Hier soir, jeudi 30 novembre, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle (ou à l'investiture, mais apparemment, il l'a oublié) est passé sur France 2, dans l'émission d'Arlette Chabaud.

Je vais rapidement commenter sa prestation, car ce n'est pas aujourd'hui mon objectif.
Cet homme est tout simplement formidable. Tout ce qu'il dit est vrai, tout retombe sur ses pieds, c'est for-mi-dable ! comment ne pas être d'accord avec lui, avec ses "je veux", ses "trouvez-vous normal ...?"

Mais c'est surtout sur la qualité des journalistes, que je souhaiterais intervenir :
Je suis arrivé en cours d'émission, et j'ai entendu Serge Rafy, du Nouvel Observateur, poser ses questions. Je connaissais ses commentaires, plutôt intéressants, de l'émission d'I>télé, N'ayons pas peur des mots.
Mais là, j'avoue que je me suis demandé si le journaliste du Nouvel Obs était de taille à interroger un homme aussi formidable. On pourrait d'ailleurs en dire autant d'Arlette Chabaud. Et de même d'Alain Duhamel... Ces journalistes me donnent en effet l'impression d'être les "serveurs" de certains politiques... serveur comme celui qui lance la cible du Ball-trap, ou comme le joueur de football américain qui tient le ballon à celui qui va tirer au pied. Sont-ils là pour interroger ou pour donner la tirade à l'homme politique.
Aucune question n'était pertinente. Serge Rafy, déstabilisé ?, a parlé à Nicolas Sarkozy de la délinquance, et a abordé le sujet des empreintes génétiques. Sarkozy s'est alors vanté d'avoir fait passer ce fichier de 7 000 à 400 000 fiches, en reprenant ses exemples classiques de Guy Georges qui aurait été retrouvée, etc., etc. S'il y a 400 000 tueurs en France, répertoriés par la police, doit-on encore sortir dans la rue ?

Le site Internet du Nouvel Obs relatait pourtant, le 29 septembre dernier, l'histoire de Benjamin Deceuninck, 26 ans, jugé pour "refus, par personne condamnée pour délit, de se soumettre au prélèvement destiné à l'authentification de son empreinte génétique".
Ce "dangereux criminel", encore en liberté n'est pourtant qu'un militant
anti-OGM , auquel la police a demandé son empreinte, après une arrestation pour avoir arraché des betteraves transgéniques. Loin du débat sur la légitimité - ou non - d'arracher des plans transgéniques, c'est surtout l'absence de répartie de Rafy à ce moment-là. La loi de 2003 sur la sécurité intérieure permet en effet à la police de recueillir ces empreintes pour "tout crime ou délit" ainsi que les contraventions de la 5e classe "sanctionnant un trouble à la sécurité ou la tranquillité publiques ou une atteinte aux personnes, aux biens, ou à l’autorité de l’Etat".
Autrement dit, on est loin des crimes de Guy Georges.
N'est-il pas regrettable de la part d'un journaliste du Nouvel Observateur, de n'avoir pas été capable de soulever ce problème devant le ministre qui a fait voter cette loi ? Ce n'est même pas du "travail à moitié", c'est donner la balle pour que Sarkozy fasse son cinéma.

Nous pourrons parler plus longuement de la qualité des journalistes.





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