Moi, j'y étais, ainsi que les jours suivants. Les souvenirs de cette ville meurtrie, du deuil, de l'odeur de brûlé, des chasseurs dans le ciel laissent une marque qu'il est difficile d'enfouir au fond de soi.
en écoutant normalement les informations, hier, vendredi, sur Inter, j'ai entendu ce "papier" sur la sécurité de la cérémonie au Stade de France qui devait se tenir dans la soirée. Ils disaient, notamment, que tout était prévu, même un avion qui se crasherait sur le stade, l'alerte aérienne, la base aérienne de Creil en alerte, et l'ordre final du Premier ministre, s'il devait abattre l'avion.
Je suis, par hasard, passé à proximité du stade, vers 18 heures. Les embouteillages (qui avaient d'ailleurs été prévus, mais on ne fait jamais assez confiance aux panneaux électroniques !) m'ont permis de constater qu'il y avait là autant de policiers que pour un sarkozy allant au resto : au moins 3000. Mais tant mieux !, il aurait été regrettable que tout ne soit pas mis en oeuvre, et que la fête fut gâchée (c'était juste un moyen de rappeler que, "folie des grandeurs" aidant, certain déplace toujours des cohortes de policiers quand il bouge).
Vers 19h30 ou 20h, dans mon domicile parisien, je sens les vitres trembler, un bruit énorme, celui d'un avion. Panique. Non, sans mentir, panique ! Mon inconscient fait le rapprochement entre les infos du matin, le 11-Septembre, la cérémonie. Réflexe stupide, comme beaucoup de réflexes stupides que nous pouvons avoir... (eh oui, quand j'ai découvert ma porte fracturée, je me suis bêtement dit : "mais, comment est-ce possible ? j'ai oublié de fermer ma porte, ce matin ?")

Je cours à la fenêtre pour voir l'avion qui, vu (sic) le bruit, était très bas. Ils étaients huit, ces avions. Suivis de leurs fumée bleu-blanc-rouge. C'était la Patrouille de France qui volait bas, pour la cérémonie. Rassuré, mais encore tremblant, tout était normal.
Mais, comme il faut bien politiser tout ça (j'imagine que mes angoisses n'intéressent personne !), je me demande, très sérieusement, une chose.
La journalisté d'Inter a dit que c'était le Premier ministre qui décidait, en dernier ressort, s'il fallait abattre l'avion.
Et je me demande si leur processus est bien construit. Il y a trois mois, j'aurais compris, mais aujourd'hui, vu que le Premier ministre est porté disparu, n'y a-t-il pas un trou dans la chaîne de commandement ?
L'avion n'aurait-il pas réussi à passer entre les mailles du filet et commettre son crime ?
Un Premier ministre, vite !, pour que la chaine de commandement de la Défense soit assurée. A l'heure où un Ben Laden teint (oui, il s'est apparemment teint la barbe !) sort sa nouvelle cassette, et où nos voisins allemands démentèlent un attentat, il faut être prêt à toute éventualité.
Et la sécurité de nos concitoyens ne saurait souffrir d'un ego démesuré et d'un coup d'Etat "légal", c'est à dire auquel les gardiens du Livre n'ont rien trouvé à redire !
(au passage, j'ai été quelque peu choqué d'entendre l'occupant des appartements de l'hôtel de Matignon, lundi matin, sur INter, imaginer que pour faire passer la loi sur les allègements fiscaux relatifs à l'investissement immobilier, la seule chose éventuelle à faire serait de réformer le Conseil constitutionnel, mais que ce n'était pas à l'ordre du jour.
Evidemment, si tout le monde prend la rue interdite en contre-sens, autant changer le sens, bravo, monsieur le Premier ministre !!!!)
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