

, éditorial du 5 sept. 2007 |
Trop seul
| | Nicolas Sarkozy est convaincu qu'il ne doit qu'à lui-même sa victoire électorale du mois de mai. Et il ne s'en cache pas. Depuis qu'il est installé à l'Elysée, le chef de l'Etat s'est persuadé, de la même façon, qu'il ne peut compter que sur lui-même pour diriger l'entreprise France, dont il se veut le patron. Au point d'y exercer toutes les fonctions : président, directeur général, directeur industriel et financier, directeur des ressources humaines, responsable de la communication, porte-parole, voire contremaître si nécessaire. (...)Comme grisé par la vitesse qu'il a imprimée à sa propre action - et par les sondages qui témoignent que les Français n'y sont pas insensibles -, le président de la République a-t-il pris la mesure du risque qu'il prend à s'exposer ainsi ? Il a été élu pour " faire le job " et pour " gouverner ", ne cesse-t-il d'objecter. Très bien. Pour autant, cela peut-il se faire sans équipe et sans confiance dans les hommes et les femmes qu'il a nommés pour l'épauler ? Or c'est là que le bât finira, tôt ou tard, par blesser. Peu importe, à la limite, que l'article 20 de la Constitution (" Le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation ") soit réduit à rien. Mais il est périlleux, pour le président de la République, de n'être plus entouré que de ministres tétanisés, le petit doigt sur la couture du pantalon. De même, il est humiliant de qualifier le premier ministre de simple " collaborateur ", comme François Fillon n'a pas manqué de le faire respectueusement remarquer. Il n'est pas ici question de sollicitude à l'égard des intéressés. Mais de démocratie. Aucun homme, aussi talentueux soit-il, ne peut suffire à tout. Sauf à verser dans un exercice dangereusement solitaire du pouvoir. © Le Monde ____________________________________________________ une blague circulait du temps de tous les présidents : le président de la République : quelle heure est-il, monsieur le ministre ? le ministre : l'heure que vous voulez, monsieur le président. Sans opposition, nous filons droit dans le mur. Je ne parle même pas de la gauche ou du centre. Non, je parle d'une opposition interne, d'un ministre qui oserait faire une gaffe, donner un avis contraire, divergent. Il est temps de mettre fin à cette monarchie française. Le président qui décide de tout. Voilà maintenant que les ministres ont peur de s'exprimer. Qu'ils ne servent plus à rien. Qu'un tandem Sarkozy-Guéhan décide de tout. Mais à quelle époque sommes-nous revenus ? |
, éditorial du 5 sept. 2007
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire