vendredi 8 décembre 2006

Note de lecture : Gilbert Sinoué, Un bateau pour l’enfer

Livre de Poche, 2006, 350 pages

Gilbert Sinoué raconte l'histoire du Saint-Louis, paquebot allemand, sur lequel sont embarqués 937 Juifs allemands.

J'ignore si une fiche de lecture pourra représenter l'émotion qui a été la mienne en lisant ce livre. Ce n'est pas un roman, l'auteur s'étant appuyé sur des sources historiques. En même temps, ce n'est pas un livre d'histoire. Sinoué raconte une histoire, raconte l'histoire.

Nous sommes en 1939, à quelques mois du déclenchement du conflit. L'Allemagne est nazie depuis plusieurs années et sa propagande anti-juive, accompagnée d'actions violentes et de spoliations ont conduit la plupart des Juifs allemands dans la peur. Peur de la police, de la milice du parti, peur de tout, aussi.

la Nuit de Cristal est un énorme coup de semonces pour ces Juifs qui voient leurs amis, cousins, voisins être agressés dans la rue, lynchés, tués ou déportés dans les premiers camps de concentration. C'est le signal du départ. Et même s'ils n'ont plus rien, dépossédés de leurs entreprises, forcés de vendre leurs logements, interdits d'exercer leur métier, ils vont tout tenter pour quitter le pays et acheter un visa pour l'Amérique.

Au même moment, le ministre de la Propagande Goebbels organise le départ d'un groupe de Juifs, dans l'idée de démontrer au monde que le "problème juif" les désintéresse... ou qu'il s'agit d'un problème à régler.

A bord de ce navire, des couples, des familles, des êtres réduits au stade premier de la peur. Les quelques personnes libérées des camps en sont réduits à la peur du bruit.
Tous savent qu'au bout du voyage se trouvent la liberté et la vie. Mais tous savent que le bout du voyage n'est pas acquis. Et l'histoire leur a malheureusement donné raison.

Bateau pour l'enfer, ou bateau de la honte ? Honte des autorités cubaines qui refusent l'entrée du navire dans leur port, honte des autorités américaines qui refusent de faire pression, honte, finalement, du monde entier, qui se refuse à se préoccuper de ces réfugiés, chassés de chez eux, par un gouvernement allemand, qui, en plus, développe le désordre social à la Havane, afin de faire exercer une pression populaire sur le gouvernement.

Mais ce livre, est aussi l'histoire d'un commandant. Gustav Schröder, au contraire de ses compatriotes allemands, décide de se comporter vis-à-vis de ses passagers un peu particuliers, comme il le fait avec n'importe quel passager : courtoisie, accueil, allant même jusqu'à faciliter les règles rituelles de l'alimentation.

Refusé par de nombreux pays américains - et cela, malgré les visas américains des passagers et l'argent proposé par le Joint (American Jewish Joint Distribution Committee) - le Saint-Louis retourne vers l'Europe, dans une traversée ponctuée d'angoisse et de suicides. Pour aider ses passagers, le commandant Schröder est allé jusqu'à imaginer d'échouer son navire sur les côtes britanniques.

La fin du voyage est plutôt "heureuse" même si l'histoire des passagers se termine souvent mal. Les organisations juives parviennent à faire accueillir les passagers par les pays européens (France, Grande-Bretagne, Pays Bas, Belgique...), quelques semaines à peine avant l'entrée en guerre de ces mêmes pays, et quelques mois avant une occupation qui a conduit ces passagers dans ces camps qu'ils voulaient fuir.

samedi 2 décembre 2006

Sarkozy candidat : la qualité des journalistes version 1

Hier soir, jeudi 30 novembre, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle (ou à l'investiture, mais apparemment, il l'a oublié) est passé sur France 2, dans l'émission d'Arlette Chabaud.

Je vais rapidement commenter sa prestation, car ce n'est pas aujourd'hui mon objectif.
Cet homme est tout simplement formidable. Tout ce qu'il dit est vrai, tout retombe sur ses pieds, c'est for-mi-dable ! comment ne pas être d'accord avec lui, avec ses "je veux", ses "trouvez-vous normal ...?"

Mais c'est surtout sur la qualité des journalistes, que je souhaiterais intervenir :
Je suis arrivé en cours d'émission, et j'ai entendu Serge Rafy, du Nouvel Observateur, poser ses questions. Je connaissais ses commentaires, plutôt intéressants, de l'émission d'I>télé, N'ayons pas peur des mots.
Mais là, j'avoue que je me suis demandé si le journaliste du Nouvel Obs était de taille à interroger un homme aussi formidable. On pourrait d'ailleurs en dire autant d'Arlette Chabaud. Et de même d'Alain Duhamel... Ces journalistes me donnent en effet l'impression d'être les "serveurs" de certains politiques... serveur comme celui qui lance la cible du Ball-trap, ou comme le joueur de football américain qui tient le ballon à celui qui va tirer au pied. Sont-ils là pour interroger ou pour donner la tirade à l'homme politique.
Aucune question n'était pertinente. Serge Rafy, déstabilisé ?, a parlé à Nicolas Sarkozy de la délinquance, et a abordé le sujet des empreintes génétiques. Sarkozy s'est alors vanté d'avoir fait passer ce fichier de 7 000 à 400 000 fiches, en reprenant ses exemples classiques de Guy Georges qui aurait été retrouvée, etc., etc. S'il y a 400 000 tueurs en France, répertoriés par la police, doit-on encore sortir dans la rue ?

Le site Internet du Nouvel Obs relatait pourtant, le 29 septembre dernier, l'histoire de Benjamin Deceuninck, 26 ans, jugé pour "refus, par personne condamnée pour délit, de se soumettre au prélèvement destiné à l'authentification de son empreinte génétique".
Ce "dangereux criminel", encore en liberté n'est pourtant qu'un militant
anti-OGM , auquel la police a demandé son empreinte, après une arrestation pour avoir arraché des betteraves transgéniques. Loin du débat sur la légitimité - ou non - d'arracher des plans transgéniques, c'est surtout l'absence de répartie de Rafy à ce moment-là. La loi de 2003 sur la sécurité intérieure permet en effet à la police de recueillir ces empreintes pour "tout crime ou délit" ainsi que les contraventions de la 5e classe "sanctionnant un trouble à la sécurité ou la tranquillité publiques ou une atteinte aux personnes, aux biens, ou à l’autorité de l’Etat".
Autrement dit, on est loin des crimes de Guy Georges.
N'est-il pas regrettable de la part d'un journaliste du Nouvel Observateur, de n'avoir pas été capable de soulever ce problème devant le ministre qui a fait voter cette loi ? Ce n'est même pas du "travail à moitié", c'est donner la balle pour que Sarkozy fasse son cinéma.

Nous pourrons parler plus longuement de la qualité des journalistes.





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jeudi 23 novembre 2006

Compagnies aériences : Air France-KLM en discussion avec Alitalia

la presse de ce matin nous annonce que le grand groupe franco-néerlandais est en pourparlers de fusion avec Alitalia. POur construire un groupe encore plus gros.
Mais finalement, est-ce qu'on ne revient pas en arrière, en période de monopole ?
Car, quels vont être les concurrents de ce groupe encore plus grand ? Les compagnies Low Cost ? oui, mais qui d'autre ? Qui d'autre que le "groupe" Skyteam pour traverser l'Atlantique ? Plus ces compagnies fusionnent et passent des accords, moins on a le choix. Et moins on peut éviter une compagnie qu'on ne veut pas emprunter, notamment si on est mécontent de son service. Et les tarifs... la concurrence ne pourra plus jouer pour faire baisser les prix.


mercredi 22 novembre 2006

Lionel Jospin soutient Ségolène Royal ou lui souhaite juste bonne chance ?

dans un message publié sur son blog (http://lioneljospin.parti-socialiste.fr/), l'ancien Premier ministre, presque-à-nouveau-mais-finalement-pas candidat à la présidentielle 2007 (mais rien n'est encore fini... IL peut se passer beaucoup de choses en 5 mois !) s'est exprimé sur Ségolène Royal.
"La réponse [allait] de soi". Il est militant d'un parti et suit le vote des militants. C'est a priori normal. Logique. C'est d'ailleurs l'argument qu'il reprend pour se justifier.

Mais c'est dans son "bonne chance" que j'y vois le poids du message. Sur un blog, du bout des lèvres, finalement. Il ne dit pas "en avant", il dit "bonne chance". Il ne le dit pas au 20 heures de TF1, il n'est pas importuné par un journaliste qui lui demanderait jusqu'où il la soutient. Va-t-il faire campagne pour elle ? Allez savoir. Ce qu'il dit surtout, c'est que c'est contre la Droite qu'il est prêt à s'exprimer durant la campagne. Ce n'est donc pas une adhésion, c'est un combat contre la Droite.

Je suis déçu par ce message. j'aurais préféré un silence. J'ai attendu Lionel Jospin aux côtés de Michel Rocard pour nous dire que la communication n'est pas l'action. Rocard s'est longuement exprimé dans les jours qui ont précédé le vote socialiste, sur divers plateaux, expliquant que Royal n'était pas prête pour gouverner. J'attendais Jospin sur ce terrain-là. Je l'attendais aussi dans le soutien de DSK. Est-ce l'amour propre qui l'a conduit à se taire, et à ne pas soutenir son ancien ami ?

En retard, comme la cavalerie. Car, s'il s'inscrit dans la campagne socialiste, et celle de Royal, Jospin n'est pas un fervent royaliste. Le message de ce soir en est, pour moi, une preuve. Et c'est pour ça que je suis d'autant plus déçu.
"Lionel" me donne finalement l'impression de l'abandon de ses troupes et de ses idées. Je l'ai suivi entre 1997 et 2002, je l'ai aimé prendre le micro à l'Assemblée pour répondre aux députés de l'opposition. J'ai voté pour lui en 2002.
Et, au soir du 21 avril, je n'ai pu que reconnaître le courage "anglo-saxon" (il ne l'est pas, mais ce n'est pas en France qu'on a la tradition de démissionner) d'un homme qui démissionnait, avant de me dire que, finalement, j'avais envie de son retour. Pas forcément pour le suivre, mais parce que ma sensibilité de centre-gauche m'a toujours fait regarder vers le parti socialiste. Et aussi parce qu'il a la stature d'un président, j'en suis convaincu.

Quant au vote du PS, les militants ont choisi celle qui avait le moins la stature d'un chef de l'Etat (et il n'est pas question de genre, masculin ou féminin, mais j'en parlerai un autre jour). Avec un peu de chance, ou de réalité, Mme Royal va quand même finir par ajuster son poids dans les sondages, c'est-à-dire descendre. Je ne suis pas "le Penseur" mais je marche dans la rue, je prends les transports et je tends l'oreille, je parle avec des amis, de tous horizons, de toutes "classes" sociales, et je n'entends vraiment que très peu de commentaires favorables à sa personne.

En tout cas, le scenario "Verts-2002", c'est-à-dire une chute dans les sondages, une pression pour le retrait, et le retour de Jospin me paraît possible. Envisageable ? C'est déjà un pas en avant. Restons-en à "possible".



Le Figaro, 22 nov. 2006 : La Poste s'attaque aux files d'attente

Petite réaction à cet article.
La communication de la Poste n'aurait-elle pas exagéré (légèrement) ?

Petit anecdote. La semaine dernière, je devais récupérer un colis qui n'avait pas été livré, pour "autre motif". Malheureusement, depuis quelques semaines, mon bureau de poste ne permet plus de venir chercher ses paquets, et je dois traverser une partie de l'arrondissement pour faire 20 minutes de queue avant d'avoir droit à passer. Je demande quand même au guichetier pourquoi le colis n'a pas été livré : "c'était la grève". Soit, faites grève, ça ne me pose pas de problème. Mais dans ce cas, livrez-le le lendemain. "oui, mais on n'est pas obligés de monter dans les étages, ce n'est pas un recommandé".
Réponse : "Ah, mais quand on vous donne plus de 100 euros par an de pourboire, vous êtes bien contents de monter."
pas de réponse. Et pas de réponse non plus à mon "au revoir" à la fin.
et pourtant, je suis d'accord avec eux. il y a un total abandon du service au public à la Poste. Mais il serait bien que les "facteurs" fassent l'effort de le renforcer, plutôt que démissionner. Livre ton courrier, l'usager n'en sera que plus heureux.

revenons donc à l'article du Figaro.
On y apprend notamment que la Poste veut équiper plus de bureaux d'automates. Oui, mais... il souligne aussi que les gens, spécialement pour les opérations bancaires, préfèrent un guichetier en chair et en os. Personnellement, en dehors de cet individu mécontent de mon mécontentement (sic), je les trouve sympathiques, les guichetiers, ils vous aident, ils vous renseignent, et même, j'ose le dire, vous proposent parfois des produits moins chers, même s'ils ne devraient pas vraiment...
mais parfois, plutôt que faire une demie-heure d'attente, on cède à l'automate. Sauf que dans mon bureau du 9e arrondissement, il ne marche jamais. Jamais ! c'est incroyable, ça.
Je crois qu'on est mal parti !

passons à cette nouvelle information :
"La Poste travaille aussi à élargir les plages horaires d'ouverture. En 2007, une quarantaine de bureaux d'Île-de-France ouvriront soit le samedi après-midi, soit un soir de la semaine jusqu'à 20 heures voire 20 h 30."
c'est à se demander pourquoi ils ont supprimé le samedi matin dans mon bureau, pourquoi ils ont réduits les services proposés... On nous raconte n'importe quoi.

Passons maintenant à cette dernière information : le retour à des bureaux spécialisés.
Il est vrai qu'il est gênant d'attendre derrière une personne qui occupe un guichet pendant 10 minutes pour transférer 100 euros du compte A au compte B. Et c'est sans doute là, la différence à opérer. Des guichets pour les opérations bancaires, et d'autres pour les opérations postales... après tout, on est à la Poste, non ? C'est d'ailleurs ce que soulignait Philippe Tesson, l'autre soir si I>télé.
Or, que voit-on ? ils rénovent les bureaux et ne laissent que 4 guichets. impossible d'augmenter les capacités d'accueil. Ils permettent aux professionnels de "griller" la queue grâce à leur carte. non, ils n'ont pas de guichet réservé, à part. Ils ont le droit d'arriver comme une fleur alors que vous attendez depuis 20 minutes, et sont privilégiés pour prendre votre place au guichet...

Je pense que la Poste a encore du travail à faire. Et pas juste en communication. il lui faut agir, faire des efforts pour que les usagers puissent avoir un service fluide. Après tout, qui ne peut pas dire que le service devient catastrophique ? Une lettre met deux à trois jours. 6 jours, même, pour un même bureau de dépôt et de distribution (si si, ça m'est arrivé la semaine dernière).
la question : est-elle prête à faire ces efforts, ou va-t-elle céder devant les pressions de la libéralisation du service ?

C'est un enjeu !

ce matin chez Morandini : Sego/Sarko, les media en font-ils trop ?

Europe 1, Jean-Marc Morandini, débat avec les deux directeurs des rédactions politiques de TF1 et FR2.
Comme d'habitude, on entend des journalistes répondre : "nous avons invité X, Y et même Z".
c'est la même réponse que Claire Chazal a faite à François Bayrou lorsqu'il a critiqué la politique rédactionnelle de TF1, limitant les messages au PS et à l'UMP : "mais vous êtes invité, François Bayrou". Quelle justification !
je pense que les journalistes des grands media nationaux devraient arrêter de se justifier ainsi et accepter, peut-être, de faire un "comptage" des reportages consacré à...
que pourrait-on voir ? qui nous parle, justement, des déplacements de François Bayrou ? C'est plutôt rare. Qui connaît le programme de Clémentine Autain ? Qui nous fait part des rencontres de Nicolas Dupont-Aignan ? Personne. Il n'y en a que pour les déplacements de Nicolas Sarkozy... A se demander si bientôt, ils ne vont pas nous faire un flash spécial pour nous annoncer qu'il est allé faire pipi !

Parler de notre paysage politique, traiter d'une campagne électorale, ça ne se limite pas à inviter une personne au 20 heures une fois par trois mois. Les reportages, les mentions, les calendriers doivent aussi être pris en compte, et ne pas réserver le reportage politique du 20 heures au déplacement de Sarkozy quelque part ou à la veste blanche de Mme Royal.

les deux "grands" (tu parles !) ne sont pas les seuls à avoir un calendrier chargé en campagne électorale. Et il serait bien que les media, principalement la télévision, reprennent l'actualité politique de chacun.

mardi 21 novembre 2006

ouverture de cette page personnelle

Bonjour à tous,
cette page personnelle (dénommée Blog) est destinée à publier des analyses et opinions sur divers sujets politiques ou de société.

Ce n'est pas pour céder à une mode que j'ai décidé de consacrer du temps à remplir la page. Je vois bien que les blogs se multiplient en cette période électorale. J'ai juste envie d'exposer certaines positions et analyses, en partant du principe que si on ne participe pas à la vie politique de son pays, on est plutôt mal placé pour se plaindre. A l'heure du net, le vote n'est plus suffisant... ou plutôt, après les 82% recueillis par notre président au second tour de l'élection présidentielle de 2002, qui lui ont fait croire que 82% des électeurs pensaient comme lui et lui donnaient carte blanche pour faire - ou ne rien faire... je pense qu'il faut s'exprimer, permettre à d'éventuels lecteurs de confronter leurs opinions.

Je vous souhaite une bonne lecture. Je vous inviterai à réagir dès que j'aurais trouvé la fonctionnalité.

A bientôt

Cambronne